{"id":82,"date":"2023-12-07T13:00:11","date_gmt":"2023-12-07T13:00:11","guid":{"rendered":"https:\/\/afriksante.org\/?p=82"},"modified":"2023-12-07T13:00:11","modified_gmt":"2023-12-07T13:00:11","slug":"lutter-contre-le-fleau-des-maladies-non-transmissibles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afriksante.org\/index.php\/2023\/12\/07\/lutter-contre-le-fleau-des-maladies-non-transmissibles\/","title":{"rendered":"Lutter contre le fl\u00e9au des maladies non transmissibles"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les maladies non transmissibles (MNT) sont responsables de 74% des d\u00e9c\u00e8s dans le monde. Le co\u00fbt tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de leur prise en charge fait basculer chaque ann\u00e9e des millions de personnes dans la pauvret\u00e9. Que faire face \u00e0 ce fl\u00e9au ? Comment pr\u00e9venir ces maladies, dont certaines peuvent \u00eatre li\u00e9es \u00e0 des pratiques alimentaires \u00e0 risque, \u00e0 la d\u00e9nutrition, au surpoids et \u00e0 l\u2019ob\u00e9sit\u00e9\u00a0? D\u00e9cryptage dans cet article.<\/strong><\/p>\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"text-align: justify;\">Les maladies non transmissibles, qu\u2019est-ce que c\u2019est\u00a0?<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi appel\u00e9es \u00ab\u00a0<strong>maladies chroniques\u00a0\u00bb<\/strong>, les maladies non transmissibles (ou MNT) sont des maladies de longue dur\u00e9e qui, en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9voluent lentement. Les principales MNT sont les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diab\u00e8te. On les surnomme les \u00ab\u00a0quatre grandes tueuses\u00a0\u00bb parce qu\u2019elles constituent \u00e0 elles seules la premi\u00e8re cause de d\u00e9c\u00e8s et d\u2019incapacit\u00e9 dans le monde. Les troubles mentaux et neurologiques font aussi partie des principales MNT depuis 2018.<\/p>\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"text-align: justify;\">Des cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 des individus et le d\u00e9veloppement \u00e9conomique des pays<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les maladies non transmissibles sont \u00e0 l\u2019origine de <strong>41 millions de d\u00e9c\u00e8s chaque ann\u00e9e<\/strong>, dont <strong>17 millions sont pr\u00e9matur\u00e9s<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils surviennent avant 70 ans. Le fardeau est plus \u00e9lev\u00e9 dans les pays \u00e0 revenu faible ou interm\u00e9diaire, o\u00f9 l\u2019on recense plus de 85% des d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s dus \u00e0 ces maladies <a id=\"_ftnref1\" href=\"https:\/\/gret.org\/lutter-contre-le-fleau-des-maladies-non-transmissibles\/#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ll existe un <strong>lien \u00e9troit entre la pauvret\u00e9 et les MNT<\/strong>\u00a0et leur croissance rapide peut faire obstacle aux actions de r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 engag\u00e9es dans les pays \u00e0 faible revenu. L\u2019absence de syst\u00e8me de protection sociale, les difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux soins entra\u00eenant des diagnostics tardifs, le co\u00fbt tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de traitements longs \u00e0 la charge des m\u00e9nages, font basculer chaque ann\u00e9e des millions de personnes dans la pauvret\u00e9.\u00a0 Par ailleurs, certains facteurs de risque des MNT sont plus r\u00e9pandus dans les communaut\u00e9s les plus pauvres que dans celles dont le statut socio-\u00e9conomique est \u00e9lev\u00e9<a id=\"_ftnref2\" href=\"https:\/\/gret.org\/lutter-contre-le-fleau-des-maladies-non-transmissibles\/#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"text-align: justify;\">R\u00e9duire les facteurs de risque<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon l\u2019OMS, un moyen important de lutter contre les MNT consiste \u00e0 se concentrer sur la <strong>r\u00e9duction des facteurs de risque associ\u00e9s \u00e0 ces maladies<\/strong>. L\u2019urbanisation rapide et non planifi\u00e9e, la mondialisation des modes de vies d\u00e9favorables \u00e0 la sant\u00e9 et le vieillissement des populations alimentent le d\u00e9veloppement des MNT dans le monde. <strong>Les facteurs de risque modifiables<\/strong> de ces maladies comprennent\u00a0l\u2019usage nocif de l\u2019alcool, l\u2019alimentation malsaine, l\u2019activit\u00e9 physique insuffisante, et le tabagisme. Les enfants, les adultes et les personnes \u00e2g\u00e9es sont tous vuln\u00e9rables \u00e0 ces facteurs. Un <a href=\"https:\/\/www.unscn.org\/uploads\/web\/news\/document\/NCDs-brief-FR-WEB.pdf\">dossier de l\u2019UNSCN<\/a><a id=\"_ftnref3\" href=\"https:\/\/gret.org\/lutter-contre-le-fleau-des-maladies-non-transmissibles\/#_ftn3\">[3]<\/a> souligne que <em>\u00ab\u00a0la hausse de la pr\u00e9valence de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, la consommation accrue d\u2019aliments de mauvaise qualit\u00e9 et la d\u00e9nutrition omnipr\u00e9sente contribuent \u00e0 l\u2019expansion des MNT\u00bb.<\/em><\/p>\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"text-align: justify;\">Le double fardeau nutritionnel<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Nos pays d\u2019intervention ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s par cette probl\u00e9matique\u00a0\u00bb, <\/em>explique Sophie Renault, responsable de projets nutrition sant\u00e9 au Gret. <em>\u00a0\u00ab\u00a0La coexistence de diff\u00e9rentes formes de malnutrition chez un m\u00eame individu ou dans un m\u00eame m\u00e9nage, avec des troubles associ\u00e9s \u00e0 la sous-nutrition comme les carences en micronutriments et la maigreur, ou des troubles associ\u00e9s \u00e0 la surcharge pond\u00e9rale et au surpoids, est aussi appel\u00e9e le double fardeau nutritionnel. S\u2019il reste absolument n\u00e9cessaire de continuer \u00e0 pr\u00e9venir la sous-nutrition, il est devenu urgent de prendre en compte plus largement certains facteurs de risque des MNT comme le surpoids, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, l\u2019alimentation malsaine et l\u2019inactivit\u00e9 physique dans les projets de d\u00e9veloppement en faveur de la sant\u00e9 et de la nutrition. En s\u2019attaquant \u00e0 ces facteurs de risque, on brasse large car cela permet d\u2019augmenter les chances de pr\u00e9venir un certain nombre de probl\u00e8mes de sant\u00e9, dont une part des MNT \u00bb.<\/em><\/p>\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"text-align: justify;\">Des chiffres alarmants sur le surpoids et l\u2019ob\u00e9sit\u00e9<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les chiffres parlent d\u2019eux-m\u00eames. En 2022, au niveau mondial, 148,1 millions d\u2019enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique, tandis que 45 millions souffrent d\u2019\u00e9maciation (maigreur) et 37 millions sont affect\u00e9s par le surpoids. Ce dernier chiffre \u00e9tait de 33 millions en 2000<em>. \u00ab\u00a0Alors que le nombre d\u2019enfants atteints de maigreur diminue, le nombre d\u2019enfants en surpoids augmente. Il est fort possible qu\u2019il continue d\u2019augmenter pour d\u00e9passer le nombre d\u2019enfants atteints de maigreur ou, tout du moins, l\u2019atteindre, ce qui est vraiment alarmant\u00a0\u00bb<\/em>, pr\u00e9cise Sophie Renault. Selon l\u2019OMS, l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 et le surpoids chez les enfants peuvent en effet avoir des r\u00e9percussions tout au long de la vie, engendrant des troubles de la sant\u00e9 mentale et le d\u00e9veloppement de MNT \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les 37 millions d\u2019enfants en surpoids, plus d\u2019un quart vivent en Afrique et presque la moiti\u00e9 en Asie. La pr\u00e9valence de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 dans la r\u00e9gion Afrique de l\u2019Ouest est de 2,4%, soit 1,7 millions d\u2019enfants de moins de 5 ans, et de 7,4% en Asie du sud-est, soit 4,1 millions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les tendances pour les adultes sont tout aussi pr\u00e9occupantes. Dans la r\u00e9gion de Bamako au Mali, par exemple, 45,8\u00a0% des femmes sont en surpoids ou ob\u00e8ses, tandis que 48\u00a0% sont an\u00e9mi\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces chiffres<a id=\"_ftnref4\" href=\"https:\/\/gret.org\/lutter-contre-le-fleau-des-maladies-non-transmissibles\/#_ftn4\">[4]<\/a>, souvent m\u00e9connus, illustrent bien la probl\u00e9matique du double fardeau nutritionnel.<\/p>\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"text-align: justify;\">Les pratiques alimentaires \u00e0 risque<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ses pays d\u2019intervention, le Gret travaille \u00e0 l\u2019identification des pratiques alimentaires \u00e0 risque. Une \u00e9tude conduite \u00e0 Bamako a montr\u00e9 que 33% des enfants \u00e2g\u00e9s de 9 \u00e0 11 mois consommaient des chips une \u00e0 plusieurs fois par semaine et que 25% des enfants de 21 \u00e0 23 mois consommaient quotidiennement une boisson gazeuse. Il ressortait de cette \u00e9tude que faire plaisir \u00e0 l\u2019enfant \u00e9tait une pr\u00e9occupation importante des parents, mais \u2013 fait encourageant \u2013 que la connaissance des risques permettait de faire diminuer ces pratiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon <a href=\"https:\/\/gret.org\/publication\/se-nourrir-en-ville-au-sahel\/\">une autre \u00e9tude<\/a> men\u00e9e par le Gret, on apprend que les femmes en \u00e2ge d\u2019avoir des enfants dans les villes sah\u00e9liennes constituent une population \u00e0 risque non seulement vis-\u00e0-vis des carences mais aussi du surpoids et de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9. En cause, notamment, le peu d\u2019activit\u00e9 physique, le grignotage en dehors des repas et une repr\u00e9sentation du corps id\u00e9al qui demeure encore plut\u00f4t favorable \u00e0 l\u2019embonpoint.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la compr\u00e9hension de ces pratiques et des facteurs qui les influent est importante, celle de leurs d\u00e9terminants au niveau global l\u2019est tout autant. Il est notamment difficile d\u2019ignorer les impacts n\u00e9gatifs de la vente et du marketing de produits malsains et ultra-transform\u00e9s quand il s\u2019agit de pr\u00e9venir les maladies non transmissibles. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de travailler \u00e9galement sur l\u2019environnement dans lequel \u00e9voluent les populations. Les pratiques r\u00e9sultent d\u2019un ensemble de facteurs\u00a0: connaissances, comp\u00e9tences, influence des proches, facteurs culturels, acc\u00e8s aux aliments, offre alimentaire, acc\u00e8s et disponibilit\u00e9 des services de sant\u00e9, environnement favorable \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e et \u00e0 l\u2019activit\u00e9 physique, politiques sociales, sanitaires et publiques, etc. Les champs d\u2019intervention sont donc larges et n\u00e9cessitent la collaboration de tous les secteurs, notamment ceux de la sant\u00e9, des finances, des transports, de l\u2019\u00e9ducation, de l\u2019agriculture et la planification.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Les maladies non transmissibles (MNT) sont responsables de 74% des d\u00e9c\u00e8s dans le monde. Le co\u00fbt tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de leur prise en charge fait basculer chaque ann\u00e9e des millions de personnes dans la pauvret\u00e9. 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