La situation du VIH/Sida dans le monde reste alarmante. L’épidémie continue de faire des ravages et les défis demeurent majeurs. En effet, le dernier rapport de l’ONUSIDA et de la KFF (Kaiser Family Foundation) révèle des chiffres inquiétants : en 2025, 570 000 décès liés au sida et 1,2 million de nouvelles infections au VIH ont été dénombrés à l’échelle mondiale.
Ces données alarmantes ont été présentées lors de l’ouverture, à Rio de Janeiro, de la 26ème Conférence internationale sur le sida, qui se tient du lundi 26 au 31 juillet 2026. Cet événement majeur rassemble plus de 7 000 scientifiques, décideurs politiques, professionnels de la santé, bailleurs de fonds ainsi que des personnes vivant avec le VIH ou affectées par le virus. Venus du monde entier, ces acteurs vont se pencher sur les moyens de remobiliser la communauté internationale et de reconstruire une riposte solide face à l’évolution de la pandémie.
Depuis sa création en 1985, la Conférence internationale sur le sida s’impose comme la principale plateforme mondiale pour faire progresser la lutte. Elle occupe une place unique au carrefour de la science, du plaidoyer et des politiques publiques, afin de garantir des programmes fondés sur des données probantes.
Bilan de la riposte en 2025 : un financement international en baisse
La séance d’ouverture a enregistré la présence de personnalités de premier plan, dont le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, ainsi que de grandes figures de la recherche et du plaidoyer.
À la veille de l’événement, l’ONUSIDA et la KFF ont publié un rapport conjoint sur le financement de la riposte mondiale. Le document indique que l’aide internationale a chuté de 25 % en 2025, principalement en raison de la baisse du soutien américain, menaçant ainsi des décennies de progrès.
En revanche, les financements nationaux ont augmenté de 4 % sur la même année, représentant désormais près de 60 % du budget total, les pays touchés s’efforçant de compenser le désengagement international. Plus de 55 pays se sont d’ailleurs engagés à accroître leurs investissements nationaux en 2026.
Objectifs 2030 : des trajectoires contrastées
Si la baisse des budgets inquiète, la trajectoire de l’épidémie varie selon les régions. Dans plusieurs pays comme le Brésil, le Pakistan, les Philippines et Madagascar, le nombre de nouvelles infections est en hausse. À l’inverse, des nations comme le Kenya, le Lesotho, le Rwanda, le Zimbabwe et l’Eswatini continuent de progresser vers les objectifs de 2030, malgré un contexte financier de plus en plus difficile.
Pour rappel, les objectifs de 2030 visent à éliminer le sida en tant que menace pour la santé publique. Cela repose sur trois piliers : l’arrêt des nouvelles transmissions du virus, la réduction drastique de la mortalité et l’élimination ccomplète des discriminations envers les personnes touchées.
Cheikh Ahmed Tidiane MBENGUE
