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En prélude à la Journée mondiale de lutte contre le diabète, l’Association sénégalaise de soutien aux diabétiques (ASSAD) a frappé un grand coup hier dans la matinée à Dakar en mobilisant le Réseau des journalistes en santé. Face à la progression fulgurante de cette maladie silencieuse, qui touche désormais 4,2 % de la population sénégalaise, d’éminents médecins universitaires et le Dr Moustapha Diop, représentant le ministre de la Santé, ont sonné le tocsin. Au cœur de cette riposte nationale, le Professeur Abdoulaye Lèye, chef de file de la diabéto-endocrinologie, appelle à un changement radical de paradigme : faire du dépistage précoce et de la prévention dès le ventre de la mère des priorités absolues de santé publique pour stopper une hécatombe prévisible.

Le décor est posé, et les chiffres font froid dans le dos. Prenant la parole devant un parterre de professionnels des médias et d’universitaires, le Professeur Abdoulaye Lèye, diabéto-endocrinologue à l’hôpital de Pikine, a dressé un diagnostic sans concession de la situation épidémiologique nationale. Autrefois cantonnée à des estimations oscillant entre 3 et 4 %, la prévalence du diabète a franchi la barre inquiétante des 4,2 % au Sénégal. Cette courbe ascendante s’accélère dramatiquement chez les seniors, touchant de plein fouet la tranche d’âge des 50 à 60 ans.

Le drame de l’ignorance : 4 diabétiques sur 5 ne le savent pas

Le Pr Lèye a mis le doigt sur le principal piège de cette affection : son caractère asymptomatique à ses débuts. « Le constat mondial est universel et tragique : sur cinq diabétiques réels, quatre ignorent totalement leur état. Un seul se sait malade et se soigne », a-t-il révélé. C’est pour briser ce mur de l’ignorance que le thème de cette édition, « Agir tôt contre le diabète », prend tout son sens.

Pour le scientifique, agir tôt signifie déclencher une offensive sur deux fronts interconnectés. D’une part, il faut massifier un dépistage précoce et accessible à toutes les couches sociales afin de débusquer la maladie avant qu’elle ne ronge l’organisme. D’autre part, une fois le diagnostic posé, il s’agit de maîtriser la maladie rapidement. Cette prise en charge immédiate permet de maintenir un équilibre glycémique parfait, garantissant le fonctionnement normal des organes vitaux (reins, cœur, yeux, artères) le plus longtemps possible, tout en faisant régresser les complications naissantes.

La révolution médicale : la prévention commence avant la naissance

La grande innovation de l’intervention du Professeur Lèye réside dans son plaidoyer pour une « prévention primordiale », qui débute bien avant l’accouchement. La science démontre que les conditions environnementales de la grossesse, associées à la santé physique et métabolique des parents, programment la santé future de l’enfant. Juste après la naissance, l’environnement écologique et épidémiologique prend le relais pour influencer l’expression du potentiel génétique de l’individu.

Dès lors, pour empêcher l’apparition du diabète chez les sujets à risque génétique ou environnemental, le Pr Lèye préconise une discipline de fer au quotidien : adoption d’une hygiène de vie saine, alimentation équilibrée issue de nos produits locaux, activité physique régulière et gestion rigoureuse du poids. Le diabète n’est pas une fatalité, c’est une maladie chronique, multifactorielle et multiforme face à laquelle la prévention doit être une posture constante.

L’État engage sa responsabilité médicale et financière

En écho aux orientations scientifiques des universitaires, le Dr Moustapha Diop, s’exprimant au nom du ministre de la Santé et de l’Action sociale, a réaffirmé l’engagement de l’État. Conscient que le coût des soins et de l’insuline reste un fardeau pour les ménages, le Dr Diop a annoncé le renforcement des plateformes techniques des structures sanitaires de proximité, à l’image du travail de décentralisation mené à l’hôpital de Pikine. Il a salué l’alliance stratégique entre le ministère, le Réseau des journalistes en santé et l’ASSAD, rappelant que la sensibilisation de masse demeure l’arme la plus économique et la plus efficace pour désengorger les hôpitaux.

Cheikh Tidiane MBENGUE

LA DÉCLARATION CHOC DE BAYE OMAR GUEYE

« Le diabète n’est plus seulement une urgence médicale, c’est une bombe sociale et économique qui est en train de détruire nos familles au Sénégal. Derrière le chiffre de 4,2 % de prévalence, il y a des pères et des mères de famille amputés, des vies brisées et des budgets de ménages totalement asphyxiés par le coût des traitements. À l’ASSAD, nous disons haut et fort que le dépistage gratuit et universel ne doit plus être une option, mais un droit humain fondamental.

Nous lançons un appel solennel au Réseau des journalistes en santé et à l’ensemble des médias nationaux : vous êtes nos soldats de première ligne. C’est à vous de vulgariser les alertes du Professeur Lèye, de descendre dans les marchés, les foyers et les départements pour faire comprendre à nos compatriotes qu’un simple test de glycémie peut leur éviter la cécité ou l’insuffisance rénale. L’État doit accentuer les subventions et nous, citoyens, devons changer nos habitudes alimentaires. L’heure n’est plus aux séminaires théoriques, elle est à l’action communautaire immédiate. Agir tôt, ce n’est plus un slogan, c’est une question de survie nationale ! »

C.T.MBENGUE

 

 

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